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Un
vendredi chargé pour la Ferarock team au Printemps
de Bourges. Démarrage des interviews à 10H00 ce matin
après une nuit courte et un jeudi marathon. La fatigue se
fait sentir, les poches sous les yeux se marquent, les excès
de la veille et des jours précédents scarifient les peaux
et l'esprit.
Pour autant, point question de se laisser
abattre. Aujourd'hui passent sur le stand les artistes des
découvertes, îlots de fraîcheur au milieu de stars plus blasées
(ou pas). Broadway, découvertes electro Rhône Alpes , a démontré
sa puissance et sa cohésion de scène, la complicité des musiciens
et du VJ exacerbée par l'exercice difficile d'une démonstration
obligatoire (et jugée) de 30 minutes montre en main. Finalement
l'electro ne s'en sort pas si mal : eux au moins jouent à
des horaires " décents ", c'est-à-dire…assez tard le soir.
Les découvertes Rock, pop et chanson sont eux bien plus mal
lotis : quelques minutes pour les balances…à 11H00 du matin
puis les sets commencent à midi, pour se terminer sur les
coups de 16H00.
Autant dire que pour un groupe de rock
un peu énervé, l'exercice est plus qu'inhabituel. La préparation
pour ce genre de prestation doit tenir du challenge. Certains
(Vadim Vernay, electro ) préparent leurs sets avec cette conscience
de jouer pour un parterre presque exclusivement professionnel,
en tenant compte de savants critères tels que la progression
(on attaque direct ou on fait monter tranquillou pour un bouquet
final ? ) , d'autres y vont " comme d'hab, on voit pas pourquoi
on changerait ". Il reste qu'être découverte du Printemps
de Bourges est pour ces groupes intéressant, pour le " buzz
" provoqué , pour la perspective d'être " repéré ", mais il
reste aussi qu'il faut être prêt à faire des concessions pas
forcément " rock'n roll ".
Les artistes les plus confirmés , eux,
oscillent entre un professionnalisme poli et un enthousiasme
sincère . La Ferarock a cette particularité de bénéficier
auprès d'eux d'un statut à part, un statut de cœur : pas un
gros réseau, pas des radios commerciales, mais des valeurs
communes qu'ils partagent avec nous. On assiste alors à des
interviews décomplexées avec des Dionysos ou des Mickey 3D,
qui aujourd'hui bénéficient d'un réel engouement populaire
dans le sens très large du terme, mais qui n'ont pas oublié
les valeurs essentielles qui les ont poussé à faire de leur
art leur métier. Le studio Ferarock devient alors l'espace
de détente ou l'on peut tout aussi bien traiter de simple
promotion mais aussi raconter aux auditeurs aguerris certains
dessous non dévoilés dans des médias ou la complicité est
moindre.
Les Buzzcocks ont aussi marqué les esprits,
tant sur leur passage sur le studio que par leur réjouissante
prestation vendredi soir . Certes, ils ont pris un sacré coup
de vieux. Mais le feu en eux est bien resté sacré, lui aussi.
Désireux de partager, de raconter, de donner au public un
maximum de leur amour pour le rock. Les Buzzcocks sont beaux.
Les Buzzcocks sont grands. Sur scène ils enchaînent, infatigables,
dignes contemporains des Ramones, anciens et nouveaux morceaux
entrecoupés des inusables " one two three four ", et on ne
peut que constater que cela fonctionne : le public jauge deux
minutes, puis s'oublie complètement et la salle surchargée
se met à vibrer au rythme de pogos endiablés. Les Buzzcocks
sur scène se regardent et sourient, moment magique de vrai
retour entre le groupe et le public… " hey man look they are
still here for us ". Le public dit la même chose : regarde,
ils sont encore là, pour nous….fuck ! Juste avant les Buzzcocks
sur la scène du 22 on a vu Asyl…
Et eux aussi nous ont offert un moment
de magie. Energiques, poses et attitudes rock en diable ne
sont pas que de la flambe : Asyl assure, et le prouve. Le
public se prend baffe sur baffe et finit la mâchoire par terre
lors du dernier morceau, reprise de " Zeppelin Zeppelin ",
lorsque Daniel Darc himself monte sur scène pour partager
le délire du chanteur de Asyl, entre roulades et danse tribale,
on finit le set en se regardant et se disant qu'on a là partagé
un autre moment de magie…De ceux qui nous permettent de partir
loin, très loin, en se disant que cette autre planète existe
ailleurs que dans nos têtes. Pourvu que ce soir on en trouve
u autre, espace temps différé, passage magique vers le monde
de nos rêves. Pourvu que d'autres rencontres nous permettent
de nous questionner, de nous interroger sur notre monde. Pourvu,
pourvu… Ce soir, on attend bien sur Mike Patton, les Melvins
et Fantomas…mais les surprises seront peut être là ou ne les
attend pas…
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